Publié le 17 juillet 2026 · Mis à jour le 21 juillet 2026
Le BARF chien est aussi appelé « Biologically Appropriate Raw Food ». C’est un mode d’alimentation composé principalement de viande crue, d’os charnus, d’abats et de légumes. Il est conçu pour se rapprocher du régime naturel du chien.
Il a été popularisé dans les années 1990 par le vétérinaire australien Ian Billinghurst. Il séduit aujourd’hui de nombreux propriétaires en quête d’une alimentation plus naturelle pour leur compagnon. Cette tendance est portée par la recherche d’une alimentation perçue comme plus naturelle, et par la volonté de « mieux nourrir » son animal.
Le BARF peut apporter de réels bénéfices : digestion, pelage, hygiène bucco-dentaire, lorsqu’il est correctement équilibré et supervisé. Il comporte aussi des risques sanitaires documentés, à la fois bactériologiques et nutritionnels, en particulier chez le chiot de grande race. Aucun contenu sérieux ne doit les minimiser.
Ce guide détaille la composition complète d’une ration. Il aborde les ingrédients que la plupart des guides oublient (poisson, laitages, œufs), le risque calcique chez le chiot, le budget réel et la traçabilité de la viande. La méthode d’introduction du BARF y est présentée comme un complément à l’avis de votre vétérinaire, jamais comme un substitut.
Réponse rapide
Le BARF est un régime canin à base d’aliments crus : viande, os charnus, abats, poisson et légumes. Bien formulé, il peut améliorer la digestion et la qualité du pelage. Le budget varie de 1,50 € à 4 € par kilo de ration, selon la qualité des viandes. Mal équilibré, il expose à deux risques documentés. Le premier est l’excès de calcium chez le chiot de grande race, le plus grave. Le second est la contamination bactérienne (salmonelles, E. coli), transmissible à l’animal comme aux humains du foyer. Un avis vétérinaire préalable est recommandé, surtout pour les chiots de grande race, les chiens âgés ou malades.
Qu’est-ce que le BARF chien ?
Définition
Le BARF est une méthode d’alimentation canine fondée sur des ingrédients crus et non transformés. Elle inclut viande musculaire, os charnus, abats, poisson, complétés de légumes, de fruits et parfois de produits laitiers, d’œufs ou de compléments nutritionnels. Elle s’oppose aux croquettes et pâtées industrielles, cuites et transformées.
Définition : BARF et « ration ménagère », quelle différence ?
La ration ménagère est une alimentation faite maison mais cuite. Elle est formulée pour couvrir les besoins nutritionnels du chien avec des ingrédients cuisinés (viande cuite, féculents, légumes). Le BARF repose au contraire sur des ingrédients crus. Les deux approches partagent l’objectif d’une alimentation maîtrisée et non transformée industriellement. Elles diffèrent en revanche radicalement sur le plan sanitaire : la cuisson élimine l’essentiel du risque bactériologique, ce que le cru ne permet pas.
L’idée sous-jacente du BARF est que le chien digère plus naturellement une alimentation proche de celle de ses ancêtres sauvages, le loup. Cette alimentation est peu transformée, riche en protéines animales, pauvre en céréales. Cette approche s’inscrit dans la même philosophie que la naturopathie animale au sens large. Il s’agit de soutenir la vitalité de l’animal par des moyens naturels, en complément du suivi vétérinaire classique, jamais à sa place.
Un exemple concret : la transition de Rex, retriever de 3 ans
Sophie est propriétaire d’un golden retriever de 3 ans, nourri aux croquettes depuis toujours. Elle souhaite passer au BARF après avoir constaté des selles irrégulières et un pelage terne. Avant tout changement, elle consulte son vétérinaire, qui confirme l’absence de pathologie sous-jacente et valide le projet. Elle introduit progressivement la ration crue sur deux semaines, en observant chaque jour la qualité des selles et l’appétit de Rex.
Au bout d’un mois, elle constate un pelage plus brillant et une digestion plus régulière. Ce résultat est cohérent avec les bénéfices documentés du BARF chez un chien adulte en bonne santé. Il ne s’agit pas pour autant d’une garantie transposable à tous les chiens : chaque animal réagit selon son propre terrain digestif, son âge et son état de santé.
Ce type de situation est fréquent. La démarche BARF part souvent d’une insatisfaction concrète (digestion, pelage, appétit), plutôt que d’un choix théorique. D’où l’intérêt d’un accompagnement individualisé, plutôt que d’une recette universelle.
Les bénéfices observés du BARF chez le chien
Les retours d’expérience de propriétaires et de praticiens mettent en avant plusieurs bénéfices potentiels. Plusieurs études vétérinaires publiées sur l’alimentation crue vont dans le même sens. Ces bénéfices sont à nuancer selon chaque animal, et ne doivent jamais être présentés comme systématiques ou garantis.
Digestion et transit
La forte teneur en enzymes naturelles et l’absence de céréales facilitent, chez de nombreux chiens, une digestion plus rapide. Les selles sont souvent plus fermes et moins volumineuses que sous alimentation industrielle riche en glucides.
Pelage et peau
Un apport plus riche en acides gras essentiels et en protéines de bonne qualité peut se traduire par un pelage plus brillant. La peau est aussi moins sujette aux irritations, chez les chiens sans pathologie dermatologique sous-jacente.
Hygiène bucco-dentaire
La mastication d’os charnus crus contribue à un déchaussement mécanique du tartre, agissant comme un brossage naturel. Cet effet ne dispense toutefois pas d’un suivi dentaire vétérinaire régulier ni d’un détartrage professionnel si nécessaire.
Composition d’une ration BARF équilibrée
Une ration BARF mal proportionnée est la première cause de déséquilibre nutritionnel chez les chiens nourris au cru. La répartition de référence généralement retenue est la suivante :
| Composant | Proportion indicative | Rôle |
|---|---|---|
| Viande musculaire | ~50 % | Apport protéique principal |
| Os charnus (crus, jamais cuits) | ~10-15 % | Calcium, phosphore, hygiène dentaire |
| Abats (foie, rein, cœur) | ~10-15 % | Vitamines A, B, minéraux |
| Poisson (2 x/semaine max) | En rotation, dans la part protéique | Oméga-3, iode, vitamine D |
| Légumes et fruits mixés | ~15-20 % | Fibres, antioxydants, micronutriments |
| Laitages et œufs (facultatif) | Occasionnel | Protéines digestibles, biotine, calcium d’appoint |
| Compléments (huile de poisson, algues, etc.) | Selon besoins | Oméga-3, oligo-éléments |
Le poisson : un allié à manier avec précaution
Le poisson est une bonne source d’oméga-3, d’iode et de vitamine D. Il ne doit toutefois jamais être un pilier systématique de la ration. Donné cru, il expose à un risque parasitaire, notamment les poissons d’eau douce, porteurs potentiels de parasites transmissibles. En excès, il expose aussi à une carence en vitamine B1, par un mécanisme enzymatique propre à certains poissons crus. Un à deux repas de poisson par semaine, de préférence des espèces marines plutôt que d’eau douce, représentent un repère prudent.
Laitages et œufs : un complément, pas une base
Fromage cottage, yaourt nature ou œuf occasionnel peuvent enrichir la ration en protéines digestibles. Comptez une à deux fois par semaine, de préférence cuit pour limiter le risque de salmonelle et préserver la biodisponibilité de la biotine. Ces aliments ne remplacent jamais la base viande/os/abats et doivent être introduits progressivement pour vérifier la tolérance digestive du chien.
Exemple de ration pour un chien adulte de 20 kg
Pour un chien adulte de 20 kg au poids stable, une ration quotidienne représente en moyenne 2 à 3 % de son poids corporel, soit environ 400 à 600 g répartis selon le tableau ci-dessus. Un chiot en croissance ira jusqu’à 6 à 10 % de son poids selon son âge et son stade de croissance. Un suivi renforcé est nécessaire pour éviter les excès calciques ou protéiques (voir la section dédiée ci-dessous, essentielle pour tout chiot de grande race).
Ces repères sont génériques : la ration exacte dépend de l’âge, du poids, du niveau d’activité et de l’état de santé de chaque chien. Un ajustement individualisé est toujours préférable à une formule standard, avec un vétérinaire ou un professionnel formé à la diététique canine.
Quel budget prévoir pour un BARF chien ?
À titre indicatif, une ration BARF de qualité courante coûte en moyenne entre 1,50 € et 2,50 € le kilo pour des viandes standards, sans morceaux nobles. Ce montant peut dépasser 3 à 4 € le kilo avec des viandes de meilleure qualité ou des menus prêts à l’emploi en magasin spécialisé. Pour un chien adulte de 20 kg consommant environ 500 g par jour, cela représente un budget mensuel approximatif de 25 à 60 € selon le niveau de gamme choisi. Ce montant est comparable, voire supérieur, à celui d’une gamme de croquettes premium.
Le risque n°1 trop souvent minimisé : l’excès de calcium chez le chiot de grande race
Points clés : sécurité du chiot en croissance
C’est le risque nutritionnel le plus documenté par la littérature vétérinaire française, et pourtant l’un des plus négligés dans les guides grand public sur le BARF.
- Jusqu’à sa maturité squelettique, le chiot absorbe la quasi-totalité du calcium ingéré, sans capacité de régulation intestinale comparable à celle de l’adulte. Tout excès se traduit directement dans l’organisme, sans marge de sécurité naturelle.
- Un excès calcique et calorique pendant la période de croissance rapide (entre 3 et 8 mois selon la race) favorise des troubles ostéoarticulaires bien identifiés : dysplasie de la hanche, panostéite, ostéodystrophie hypertrophique. Ces pathologies peuvent nécessiter, dans les cas les plus sévères, une intervention chirurgicale correctrice.
- Ce risque est proportionnel au format de l’animal. Plus la race est grande (berger allemand, labrador, dogue, montagne des Pyrénées…), plus la croissance osseuse est rapide et plus la marge d’erreur calcique est réduite.
- Le ratio calcium/phosphore recommandé pendant la croissance se situe entre 1 et 1,6, contre 1 à 2 chez l’adulte. Cette marge plus étroite rend toute supplémentation empirique particulièrement risquée.
- Ne jamais ajouter de complément calcique à une ration BARF déjà formulée pour couvrir les besoins du chiot, sauf avis vétérinaire explicite. La supplémentation empirique est l’une des causes les plus fréquentes de surdosage observées en pratique.
Ce sujet est documenté de longue date par la littérature vétérinaire française. Un article de synthèse du Bulletin de l’Académie Vétérinaire de France (1999), consultable via Persée, en atteste. Il est également relayé par des vétérinaires nutritionnistes en exercice, à l’image de la Dre Peyrache.
Ces sources se recoupent, mais aucune ne remplace une évaluation individualisée. Pour un chiot de grande race, la formulation d’une ration BARF ne devrait jamais se faire sans validation vétérinaire précise des apports calciques et phosphocalciques. Cette validation doit être réévaluée à chaque étape de la croissance.
Les risques du BARF et précautions sanitaires
Points clés : sécurité bactériologique
- 80 % des rations BARF maison analysées se sont révélées contaminées par des salmonelles, contre un taux de contamination des croquettes de seulement 0,3 % (Joffe & Schlesinger, Canadian Veterinary Journal, 2002). Une enquête de la FDA sur plus de 1 000 échantillons d’aliments pour animaux confirme cet écart avec des chiffres précis. 81 échantillons crus sur 576 (Listeria et Salmonella confondues) se sont révélés positifs, contre seulement 2 échantillons sur 480 pour les croquettes et aliments semi-humides (Nemser et al., Foodborne Pathogens and Disease, 2014).
- 30 % des chiens nourris au BARF maison excrètent des salmonelles dans leurs selles, contre aucun chien nourri à l’industriel dans la même cohorte (Joffe & Schlesinger, 2002). Une étude plus récente confirme que les chiens nourris au cru ont 30 fois plus de risques d’être porteurs de salmonelles que les autres (Viegas et al., PLOS ONE, 2020).
- Ce portage bactérien se retrouve dans l’urine des chiens, leur gueule, leur gamelle, le sol et jusqu’à la poignée du réfrigérateur. Un risque de transmission est documenté aux humains du foyer, en particulier les enfants de moins de 5 ans, les personnes de plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées (Martins et al., Journal of Environmental Health, 2013).
- Les os crus mal choisis (trop petits, cuits, ou donnés en excès) peuvent provoquer des fractures dentaires, des occlusions intestinales ou des perforations digestives.
Ingrédients à connaître ou à écarter en BARF
Au-delà des grandes proportions, quelques points précis méritent d’être connus avant de se lancer. Ils sont souvent absents des guides généralistes.
- Le porc cru est interdit, y compris en BARF. Il peut transmettre le virus d’Aujeszky, mortel pour le chien. Le porc ne doit être donné que bien cuit.
- Les parures de gorge et de cou sont à éviter, plutôt que l’œsophage en tant que tel. Ce sont elles qui peuvent contenir des résidus de tissu thyroïdien, avec un risque de dérèglement hormonal en cas de consommation répétée.
- Le foie est riche en vitamine A. Il se donne avec parcimonie, pas plus d’une à deux fois par semaine, pour éviter une hypervitaminose A, en particulier si des compléments vitaminiques sont déjà utilisés.
- Le poisson d’eau douce cru présente un risque parasitaire spécifique. Privilégiez le poisson marin, ou congelez le poisson plusieurs jours avant utilisation pour réduire ce risque.
- Les glucides (riz, pommes de terre, flocons d’avoine cuits) ne font pas partie du BARF « pur ». Ils sont parfois réintroduits cuits, en petite quantité, pour réduire la part de protéines et de phosphore chez un chien dont les reins doivent être ménagés. La tolérance à l’amidon varie fortement d’un chien à l’autre, à ajuster individuellement plutôt que d’appliquer une règle unique.
Bonnes pratiques d’hygiène indispensables
Si vous optez pour le BARF, une rigueur d’hygiène stricte est non négociable. Congelez la viande plusieurs jours à l’avance pour réduire la charge parasitaire, puis décongelez-la au réfrigérateur. Désinfectez systématiquement les surfaces et la gamelle, lavez-vous les mains après manipulation, et stockez les aliments crus séparément des autres aliments du foyer.
Comment faire la transition vers le BARF
Un changement alimentaire brutal perturbe la flore digestive du chien. Certains protocoles recommandent un jeûne préalable de 12 à 24 heures avant le premier repas cru, pour préparer le système digestif. Cette pratique est à valider avec votre vétérinaire, en particulier chez un chiot, un chien âgé ou un chien fragile, chez qui un jeûne prolongé n’est pas toujours indiqué.
La transition se fait ensuite progressivement, sur 7 à 14 jours, en substituant peu à peu la ration industrielle par la ration crue, par paliers de 25 %. Certains chiens présentent des selles molles transitoires en début de transition : ce phénomène doit rester passager. Des selles anormales persistantes, des vomissements ou une baisse d’appétit doivent conduire à consulter un vétérinaire sans délai.

BARF, croquettes premium ou ration ménagère cuite : comment choisir ?
| Type d’alimentation | Avantages | Contraintes | Implication requise |
|---|---|---|---|
| BARF (cru) | Digestion, pelage, hygiène dentaire pour de nombreux chiens | Risques bactériologiques, rigueur d’hygiène, formulation précise | Élevée |
| Ration ménagère cuite | Moins de risque bactériologique que le cru, ingrédients maîtrisés | Cuisson qui détruit certains nutriments, calcium à ajouter séparément | Élevée |
| Croquettes premium | Simplicité, équilibre nutritionnel garanti par le fabricant | Moins « naturel », transformation industrielle | Faible |
Le choix dépend du temps disponible, du budget, de l’état de santé du chien et du niveau de rigueur que le propriétaire peut maintenir dans la durée. Un chien dont le foyer ne peut pas garantir une hygiène de manipulation stricte (jeunes enfants, personnes immunodéprimées) sera souvent mieux orienté vers une ration ménagère cuite ou des croquettes premium, plutôt que vers le cru.
Cas particuliers : petites races, chiens brachycéphales et chiens seniors
- Petites races et races toy (chihuahua, yorkshire…) : les os charnus doivent être proportionnellement plus petits, mais jamais friables ni susceptibles d’être avalés entiers. Le risque d’étouffement ou d’occlusion est proportionnellement plus élevé chez un petit chien.
- Chiens brachycéphales (bouledogue français, carlin…) : leur morphologie faciale rend la préhension et la mastication des morceaux plus difficile. Des morceaux plus petits et une surveillance accrue pendant les repas sont recommandés.
- Chiens seniors : leurs besoins nutritionnels évoluent, avec moins de calories et davantage de soutien articulaire. Retrouvez notre article dédié à l’accompagnement naturel du chien senior pour adapter une ration BARF à cette étape de vie.
Comment évaluer si le BARF convient à votre chien
Après la phase de transition, plusieurs indicateurs permettent d’évaluer si l’alimentation crue convient à votre chien : une qualité de selles stable (ni trop molles, ni trop dures), un poids stable ou une évolution cohérente avec l’objectif, un pelage qui reste ou devient brillant, un niveau d’énergie satisfaisant, et l’absence de troubles digestifs récurrents. Un contrôle vétérinaire avec bilan sanguin quelques mois après le passage au BARF permet de vérifier l’absence de carence ou d’excès, en particulier pour le calcium, le phosphore et les protéines. C’est un réflexe d’autant plus important chez un chiot en croissance, comme détaillé plus haut.
Traçabilité et origine de la viande : un critère de qualité trop souvent ignoré
Toutes les viandes crues vendues pour l’alimentation animale ne se valent pas. Il est recommandé de privilégier des fournisseurs identifiés, capables de justifier l’origine et la fraîcheur de leurs produits, plutôt que des circuits d’approvisionnement non tracés.
En France et dans l’Union européenne, la viande crue destinée à l’alimentation animale relève du règlement (CE) n° 1069/2009 relatif aux sous-produits animaux. Seules les matières de catégorie 3 peuvent entrer dans la composition d’un aliment cru pour animaux familiers : pièces de viande, os, tissu adipeux, sang, abats issus d’abattoirs. Ces conditions sont précisées par l’instruction technique DGAL/SDSPA/2018-716 du 17 septembre 2018.
Un professionnel sérieux du BARF (magasin spécialisé, éleveur, boucherie dédiée) doit être en mesure d’expliquer clairement la provenance et les conditions de conservation de ses produits. En cas de doute sur la fraîcheur ou la provenance d’un produit, mieux vaut s’abstenir de l’utiliser.
BARF et naturopathie animale : quel est le rôle du praticien ?
Un naturopathe animalier formé à la diététique canine peut accompagner un propriétaire dans le choix, l’équilibrage et l’ajustement d’une ration naturelle. Il évalue l’âge, la race, le niveau d’activité et les antécédents de l’animal. Il propose ensuite une répartition adaptée entre viande, os, abats et compléments, avec un suivi dans le temps pour ajuster la ration à mesure que les besoins évoluent.
Il peut également orienter vers des sources d’approvisionnement fiables. Il conseille aussi sur les compléments naturels pertinents (voir notre guide de phytothérapie animale pour les plantes et compléments couramment associés à une alimentation naturelle).
Ce rôle est un rôle de conseil en hygiène de vie : il ne remplace en aucun cas un bilan vétérinaire. C’est particulièrement vrai en cas de pathologie digestive, rénale ou hépatique préexistante, ou chez un chiot de grande race dont la formulation calcique doit être validée médicalement. Pour les chiens âgés, dont les besoins nutritionnels évoluent sensiblement, notre article sur l’accompagnement naturel du chien senior détaille les ajustements à prévoir.
Le bilan d’hygiène de vie est réalisé par un praticien en naturopathie animale. Il permet précisément d’évaluer si une transition vers une alimentation naturelle est adaptée à la situation particulière de votre chien.
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Foire aux questions
Sécurité et santé
Le BARF convient-il à tous les chiens ?
Non. Certains chiens souffrant d’insuffisance rénale, hépatique, pancréatique ou de troubles digestifs chroniques ne sont pas de bons candidats à une alimentation crue riche en protéines. Un avis vétérinaire préalable est indispensable dans ces situations.
Le BARF est-il adapté à un chiot de grande race ?
C’est possible, mais c’est le cas le plus délicat à formuler. Un excès de calcium pendant la croissance rapide expose à des troubles ostéoarticulaires sérieux comme la dysplasie ou la panostéite. Une validation vétérinaire précise des apports, réévaluée à chaque étape de croissance, est indispensable (voir la section dédiée ci-dessus).
Peut-on donner du poisson cru à son chien ?
Avec prudence : privilégiez le poisson marin plutôt que d’eau douce (risque parasitaire), congelez-le plusieurs jours avant utilisation, et limitez-le à un à deux repas par semaine plutôt que d’en faire une base quotidienne.
Le BARF est-il sans danger pour les humains du foyer ?
Non sans précautions. La manipulation de viande crue et le contact avec les selles d’un chien nourri au cru comportent un risque de transmission bactérienne. Une hygiène stricte est indispensable : lavage des mains, désinfection des surfaces, stockage séparé. Elle l’est encore plus en présence d’enfants, de femmes enceintes ou de personnes immunodéprimées.
Budget et transition
Le BARF est-il plus économique que les croquettes ?
Pas nécessairement. Comptez en moyenne 25 à 60 € par mois pour un chien de 20 kg. C’est un budget comparable, voire supérieur, à des croquettes premium, et il dépend fortement de la qualité et de la provenance de la viande choisie.
Peut-on donner des os cuits à son chien en BARF ?
Non, jamais. La cuisson rend les os cassants et friables : ils se fragmentent en éclats tranchants qui peuvent perforer l’œsophage ou l’intestin. Seuls les os crus et charnus, de taille adaptée, sont utilisés en BARF.
Combien de temps dure la transition vers le BARF ?
En général 7 à 14 jours, par paliers progressifs. Un jeûne de 12 à 24h peut la précéder, selon le protocole retenu. Des selles molles passagères sont possibles ; des troubles digestifs persistants doivent alerter et amener à consulter un vétérinaire.
Que faire si mon chien refuse de manger cru au début ?
C’est fréquent chez un chien habitué aux croquettes depuis longtemps. Réintroduisez la transition plus lentement et tiédissez légèrement la viande. Vous pouvez aussi proposer d’abord de petits morceaux mélangés à son alimentation habituelle, plutôt qu’un changement radical.
Cas particuliers et rôle du naturopathe
Le BARF convient-il aux petites races ou aux chiens brachycéphales ?
Oui, avec des adaptations. Pour les petites races, les morceaux et les os doivent être proportionnellement plus petits. Pour les chiens brachycéphales, dont la morphologie faciale complique la préhension des aliments, une surveillance accrue de la mastication est recommandée.
Le BARF est-il adapté à un chien senior ?
Oui, sous réserve d’ajustements. Les besoins d’un chien âgé évoluent : moins de calories, davantage de soutien articulaire. Des rations plus digestes sont parfois nécessaires en cas de fonction rénale ou hépatique fragilisée. Un avis vétérinaire est recommandé avant toute transition chez un chien senior, en particulier en cas de pathologie déjà diagnostiquée.
Le BARF remplace-t-il les croquettes vétérinaires prescrites pour une pathologie ?
Non. Si votre chien suit une alimentation thérapeutique prescrite par un vétérinaire (insuffisance rénale, allergies, calculs urinaires…), ne l’arrêtez jamais sans son accord. Ces croquettes répondent à des besoins médicaux précis qu’une ration maison ne peut remplacer sans un suivi rigoureux.
Un naturopathe animalier peut-il prescrire une ration BARF ?
Un naturopathe animalier conseille et accompagne sur l’hygiène de vie et l’alimentation naturelle. Il ne « prescrit » pas au sens médical du terme. Il n’intervient jamais non plus en cas de pathologie active sans coordination avec le vétérinaire traitant.
Conclusion
Le BARF chien n’est ni une mode à écarter d’un revers de main, ni une solution miracle à adopter sans préparation. C’est une méthode d’alimentation exigeante. Ses bénéfices réels (digestion, pelage, hygiène dentaire) ne se matérialisent que si trois conditions sont réunies : une ration correctement formulée, une hygiène rigoureusement respectée, et un suivi vétérinaire maintenu dans la durée. Ce dernier point est particulièrement vrai chez le chiot de grande race, pour qui l’équilibre calcique n’est pas négociable.
Bien mené, le BARF peut s’intégrer sereinement au quotidien de nombreux chiens adultes en bonne santé. Cela suppose une coordination avec un vétérinaire et, le cas échéant, l’appui d’un naturopathe animalier formé à la diététique canine. Mal mené, il expose à des risques réels, documentés et parfois graves. La différence entre les deux tient presque toujours à la même chose : la rigueur de la formulation et l’accompagnement.
À retenir
- Le BARF est une alimentation crue (viande, os charnus, abats, poisson, légumes) inspirée du régime ancestral du chien. À ne pas confondre avec la ration ménagère, qui est cuite.
- Bien formulé, il peut favoriser digestion, pelage et hygiène dentaire. Les bénéfices varient selon chaque animal et ne sont jamais garantis.
- Le risque nutritionnel le plus grave concerne le chiot de grande race. Un excès de calcium pendant la croissance peut provoquer dysplasie, panostéite ou ostéodystrophie hypertrophique.
- Les risques bactériologiques (salmonelles, E. coli) sont réels et documentés, pour le chien comme pour les humains du foyer.
- Budget indicatif : 25 à 60 € par mois pour un chien de 20 kg, selon la qualité des viandes.
- Le BARF ne convient pas à tous les chiens. Un avis vétérinaire est requis en cas de pathologie, chez le chiot de grande race ou le chien âgé.
Sources et références
- Billinghurst I., Give Your Dog a Bone, 1993 (origine du concept BARF).
- Joffe D.J. & Schlesinger D.P., « Preliminary assessment of the risk of Salmonella infection in dogs fed raw chicken diets », The Canadian Veterinary Journal, 43(6), 2002, p. 441-442.
- Viegas F.M. et al., « Fecal Shedding of Salmonella spp., Clostridium perfringens, and Clostridioides difficile in Dogs Fed Raw Meat-Based Diets in Brazil », PLOS ONE, 15(4), 2020, e0231275. DOI : 10.1371/journal.pone.0231275.
- Nemser S.M. et al., « Investigation of Listeria, Salmonella, and Toxigenic Escherichia coli in Various Pet Foods », Foodborne Pathogens and Disease, 11(9), 2014, p. 706-709. DOI : 10.1089/fpd.2014.1748.
- Martins L.R.L. et al., « Common Phenotypic and Genotypic Antimicrobial Resistance Patterns Found in a Case Study of Multiresistant E. coli from Cohabitant Pets, Humans, and Household Surfaces », Journal of Environmental Health, 75(6), 2013, p. 74-81.
- Iehl C., « Les risques des excès calciques chez le chien en croissance », Bulletin de l’Académie Vétérinaire de France, vol. 152, suppl. 3, 1999, p. 47-54, consultable via Persée : persee.fr
- Peyrache M., vétérinaire nutritionniste, article professionnel « Le danger des compléments en calcium pendant la croissance » (source non académique, à recouper avec l’avis de votre vétérinaire traitant) : drevetpeyrache.fr
- Règlement (CE) n° 1069/2009 du Parlement européen et du Conseil établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux ; instruction technique DGAL/SDSPA/2018-716 du 17/09/2018 (utilisation de sous-produits animaux non transformés pour l’alimentation crue des animaux familiers).
- Synthèse bactériologique : Devaux C., « Les dangers des régimes à base de viande crue », La Semaine Vétérinaire n° 1921, 19/11/2021 : lepointveterinaire.fr
- Code rural et de la pêche maritime, article L.243-1 (monopole vétérinaire) : legifrance.gouv.fr
Pour aller plus loin sur ecole-naturo.fr
- Formation en naturopathie animale, École Naturo
- Phytothérapie animale : plantes bénéfiques et toxiques
Glossaire
- BARF
- Acronyme de « Biologically Appropriate Raw Food ». Méthode d’alimentation canine à base d’ingrédients crus (viande, os charnus, abats, poisson, légumes), non transformés.
- Ration ménagère
- Alimentation faite maison mais cuite, à ne pas confondre avec le BARF qui repose sur des ingrédients crus.
- Naturopathe animalier
- Professionnel formé à l’accompagnement des animaux par des moyens naturels (alimentation, hygiène de vie, phytothérapie…), en complément du suivi vétérinaire, jamais à sa place.
- Dysplasie de la hanche
- Malformation de l’articulation de la hanche, pouvant être favorisée par une croissance trop rapide ou mal maîtrisée chez le chiot de grande race.
- Panostéite
- Inflammation douloureuse des os longs chez le chien en croissance, plus fréquente chez les grandes races.
- Ostéodystrophie hypertrophique
- Maladie osseuse du chiot en croissance, caractérisée par un gonflement douloureux des extrémités des os longs.
- Ratio calcium/phosphore
- Proportion entre ces deux minéraux dans la ration. Chez le chiot en croissance, un ratio déséquilibré augmente le risque de troubles osseux.
- Sous-produits animaux (catégorie 3)
- Classification réglementaire européenne des matières premières (viande, os, abats) autorisées dans la fabrication d’aliments crus pour animaux familiers.
- Salmonelle
- Bactérie pouvant contaminer la viande crue, responsable d’infections digestives chez l’animal comme chez l’humain.
- Bilan d’hygiène de vie
- Évaluation globale réalisée par un naturopathe animalier (alimentation, environnement, comportement) pour identifier les ajustements naturels adaptés à un animal.
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