Certifié Qualiopi · Rédigé par Eva Mischler, naturopathe iridologue, 9 ans en cabinet · Relu par Solène Geoffroy, diététicienne-nutritionniste DE · Publié le 22 mai 2026
Médicament en développement · 2026

Retatrutide : la nouvelle génération après Ozempic (le « GLP-3 »)

Le retatrutide est un triple agoniste des récepteurs GLP-1, GIP et glucagon développé par Eli Lilly. Dans l’essai de phase 3 TRIUMPH-4 (décembre 2025), il a entraîné une perte de poids moyenne de 28,7 % sur 68 semaines — supérieure à celle observée avec Ozempic ou Mounjaro. Il n’est cependant pas encore approuvé en France.

En bref

Le retatrutide est le médicament anti-obésité le plus efficace jamais testé. Il n’est pas commercialisé en France en 2026.

Triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon administré une fois par semaine, le retatrutide combine la satiété (GLP-1), la sensibilité à l’insuline (GIP) et l’augmentation de la dépense énergétique (glucagon). Les résultats du programme TRIUMPH dépassent ceux des médicaments existants. Mais aucune autorité (FDA, EMA, ANSM) n’a encore délivré d’AMM. Disponibilité estimée en France : fin 2027 ou 2028, sous réserve d’approbation.

Qu’est-ce que le retatrutide ?

Le retatrutide (code de développement LY3437943) est une molécule expérimentale développée par Eli Lilly and Company pour le traitement de l’obésité, du diabète de type 2 et des pathologies métaboliques associées. Il s’agit d’un peptide synthétique de 39 acides aminés conçu pour activer simultanément trois récepteurs hormonaux clés du métabolisme.

La molécule est lipidée — c’est-à-dire qu’une chaîne d’acide gras y est attachée pour se lier de façon réversible à l’albumine sanguine. Cette modification chimique allonge la demi-vie de la molécule à environ 7 jours, permettant une injection sous-cutanée hebdomadaire, comme Ozempic et Mounjaro.

Le programme de développement clinique de phase 3 — appelé TRIUMPH — comprend 8 essais évaluant le retatrutide sur l’obésité, le diabète de type 2, l’arthrose du genou liée à l’excès de poids, l’apnée du sommeil et la stéatose hépatique. C’est le programme anti-obésité le plus ambitieux à l’étude en 2026.

Cadrage médiatique

Pourquoi parle-t-on de « GLP-3 » ?

« GLP-3 » est un terme médiatique, pas une appellation médicale officielle. Il a été popularisé par la presse grand public et certains réseaux sociaux pour désigner la 3ᵉ génération de traitements injectables anti-obésité, après les GLP-1 simples (sémaglutide) et les doubles agonistes GLP-1/GIP (tirzépatide).

La désignation scientifique correcte du retatrutide est « triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon ». Il n’existe pas de molécule qui activerait un récepteur « GLP-3 » — cette nomenclature est trompeuse, car le « 3 » fait référence au nombre de récepteurs ciblés simultanément, pas à un nouveau récepteur.

Cette nuance compte. Quand un site vend un produit estampillé « GLP-3 booster » sans préciser de quoi il s’agit, c’est presque toujours un signal d’arnaque marketing. Aucun complément alimentaire ne reproduit l’action d’un triple agoniste pharmaceutique.

Comment fonctionne le triple agoniste ?

Le retatrutide active simultanément trois récepteurs hormonaux distincts qui jouent chacun un rôle complémentaire dans la régulation du poids et du métabolisme :

  • Récepteur GLP-1 — réduit la faim, ralentit la vidange gastrique, stimule l’insuline. C’est l’action centrale d’Ozempic et Wegovy.
  • Récepteur GIP — améliore la sensibilité à l’insuline et module la lipogenèse. C’est l’action ajoutée par le tirzépatide (Mounjaro).
  • Récepteur du glucagonnouveauté du retatrutide. Augmente la dépense énergétique au repos, mobilise les réserves graisseuses, stimule la thermogenèse.

C’est cette troisième action sur le glucagon qui explique l’efficacité supérieure observée dans les essais : aux effets de satiété et d’amélioration glycémique s’ajoute une augmentation directe des dépenses énergétiques.

Tableau comparatif : Ozempic vs Mounjaro vs retatrutide

CaractéristiqueOzempic / WegovyMounjaroRetatrutide
MoléculeSémaglutideTirzépatideRetatrutide (LY3437943)
FabricantNovo NordiskEli LillyEli Lilly
Récepteurs ciblésGLP-1GLP-1 + GIPGLP-1 + GIP + glucagon
Génération1ʳᵉ (mono-agoniste)2ᵉ (double agoniste)3ᵉ (triple agoniste)
Administration1 injection / semaine1 injection / semaine1 injection / semaine
Perte de poids moyenne (essai pivot)≈ 14,9 % (STEP-1, 68 sem.)≈ 20,9 % (SURMOUNT-1, 72 sem.)≈ 28,7 % (TRIUMPH-4, 68 sem.)
Statut France 2026AMM, en pharmacieAMM, en pharmaciePas d’AMM (essais cliniques uniquement)
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Ces chiffres sont issus des essais cliniques pivot publiés par les fabricants. Les écarts en vie réelle sont généralement plus faibles, dépendent de l’observance et de l’accompagnement nutritionnel.

Quels résultats sur la perte de poids ?

Les données de phase 2 publiées dans le New England Journal of Medicine en 2023 (Jastreboff et al.) avaient montré une perte de poids moyenne de 24,2 % à 48 semaines à la dose maximale (12 mg/semaine), chez des adultes obèses sans diabète de type 2. C’est déjà supérieur à tout ce qui avait été observé avec les médicaments précédents.

Les résultats de phase 3 ont confirmé et amplifié ces données.

Essai TRIUMPH-4 (décembre 2025) — résultats pivots

Eli Lilly a publié les premiers résultats du programme TRIUMPH en décembre 2025. L’essai TRIUMPH-4 a évalué le retatrutide chez des adultes obèses ou en surpoids présentant en plus une arthrose du genou.

28,7 % de perte de poids moyenne à 68 semaines (dose 12 mg)
−75,8 % de réduction des scores de douleur WOMAC du genou
1/8 des patients déclarés totalement libres de douleur en fin d’essai

Sept résultats supplémentaires du programme TRIUMPH sont attendus tout au long de 2026, couvrant le diabète de type 2 (TRANSCEND-T2D-1), la stéatose hépatique métabolique, l’apnée du sommeil et différentes stratégies de maintien de la perte de poids après l’arrêt du traitement.

Quels effets secondaires sont documentés ?

Le profil de tolérance du retatrutide est cohérent avec celui des autres traitements de la famille des incrétines (Ozempic, Wegovy, Mounjaro). Les effets secondaires les plus fréquents sont d’ordre digestif et apparaissent essentiellement au démarrage du traitement ou lors des augmentations de dose.

Effets fréquents (essais de phase 2 et 3)

  • Nausées — 38 à 43 % des participants selon les phases d’étude. Atténuées par une escalade progressive de dose (33 % → 22 % de nausées avec un schéma progressif vs. initiation directe à dose maximale).
  • Diarrhée et constipation — fréquentes les premières semaines, dose-dépendantes.
  • Vomissements — 6 à 17 % selon le schéma de titration.
  • Douleurs abdominales et ballonnements.

Effets graves rapportés

Dans les données de phase 2 publiées en 2023 sur 338 patients, 4 % des effets indésirables ont été classés graves — un taux équivalent au placebo. Aucun décès n’a été rapporté dans ces essais.

Limites des données actuelles

Le principal point d’attention en mai 2026 n’est pas la toxicité connue du retatrutide, mais le manque de recul. La taille des cohortes phase 2 (338 patients) ne permet pas de détecter les effets rares (incidence inférieure à 1 %). Les données phase 3 du programme TRIUMPH, en cours d’accumulation, permettront d’évaluer ces signaux. Les médecins prescripteurs en France attendront ces données complètes avant toute prescription, d’autant plus que le médicament n’a pas encore d’AMM.

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Le retatrutide est-il disponible en France en 2026 ?

Non, le retatrutide n’est pas commercialisé en France en mai 2026. Aucune autorité réglementaire dans le monde — ni la FDA américaine, ni l’EMA européenne, ni l’ANSM française — n’a encore délivré d’autorisation de mise sur le marché. Toute vente de retatrutide en pharmacie ou sur internet est donc illégale et présente un risque sanitaire élevé.

Calendrier prévisionnel

  • 2026 — Eli Lilly prévoit de soumettre un dossier d’autorisation à la FDA américaine sur la base des données du programme TRIUMPH.
  • 2027 — Une AMM américaine pourrait être délivrée si les données phase 3 sont complètes et favorables.
  • 2027-2028 — Soumission EMA puis examen (généralement 12 à 18 mois après la FDA).
  • 2028-2029 — Mise sur le marché français possible après négociation HAS / Comité économique des produits de santé.
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Comment accéder légalement au retatrutide aujourd’hui ?

Le seul accès légal en France en 2026 est la participation à un essai clinique du programme TRIUMPH. Plusieurs centres hospitalo-universitaires français recrutent des participants éligibles selon des critères stricts (IMC, comorbidités, absence de pathologies excluantes). Les inscriptions se font via l’EU Clinical Trials Information System (CTIS) ou directement auprès des centres investigateurs.

Vigilance arnaques. Méfiez-vous absolument de tout site qui prétend vendre du « retatrutide » en France en 2026. L’ANSM a déjà retiré plusieurs produits frauduleux estampillés « GLP-1 nano » ou « GLP-3 patch » en 2025. Ces produits sont au mieux inactifs, au pire dangereux. En savoir plus sur les arnaques aux patches GLP-1 →

L’approche naturopathique complémentaire : que propose l’École Naturo ?

Aucune approche naturelle ne reproduit l’effet pharmacologique d’un triple agoniste comme le retatrutide. La naturopathie n’a ni vocation, ni capacité à remplacer un médicament conçu pour activer trois récepteurs hormonaux à des concentrations 100 à 1 000 fois supérieures à celles produites naturellement par le corps.

Cela dit, la naturopathie peut être un complément éducatif pertinent dans plusieurs situations précises, en coordination avec votre médecin :

Avant un éventuel traitement

Pour les personnes présentant un surpoids modéré (IMC entre 25 et 30) sans pathologie associée, une démarche naturopathique structurée — alimentation riche en fibres et protéines, exercice de résistance, hygiène de sommeil, gestion du stress — peut suffire à enclencher une perte de poids progressive et durable. Elle peut aussi repousser ou éviter le besoin de recourir à un traitement médicamenteux.

Pendant un traitement médical

Pour les patients sous Ozempic, Wegovy, Mounjaro ou, à l’avenir, retatrutide, la naturopathie peut soutenir : la préservation de la masse musculaire (apport protéique optimisé, exercice de résistance), la gestion des effets digestifs (gingembre, mélisse, fractionnement des repas, hydratation) et le maintien de l’énergie. Toujours en parallèle de la prise en charge médicale, jamais à sa place.

À la sortie d’un traitement

L’effet rebond est documenté : les patients qui arrêtent un GLP-1 reprennent en moyenne deux tiers du poids perdu en 12 mois (extension STEP-1, Wilding 2022). Une démarche naturopathique de transition — instaurée 2 à 3 mois avant l’arrêt prévu — vise à préserver les bénéfices acquis en consolidant les nouveaux comportements alimentaires et de mode de vie. C’est un cadre éducatif, pas un substitut médicamenteux.

C’est cette approche complémentaire que nous formalisons dans le guide du GLP-1 naturel et dans le programme 30 jours gratuit proposé par l’École Naturo.

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Foire aux questions

Le retatrutide est-il disponible en France en 2026 ?

Non. En mai 2026, le retatrutide n’est approuvé par aucune autorité — ni la FDA américaine, ni l’EMA européenne, ni l’ANSM française. Eli Lilly prévoit une soumission réglementaire en 2026, ce qui placerait une éventuelle disponibilité commerciale en France au plus tôt fin 2027 ou en 2028. Seule l’inclusion dans un essai clinique permet aujourd’hui un accès légal.

Pourquoi parle-t-on de « GLP-3 » pour le retatrutide ?

« GLP-3 » est un terme médiatique, pas une appellation médicale officielle. Il désigne la 3ᵉ génération d’agonistes après les GLP-1 simples (sémaglutide, Ozempic) et les doubles agonistes GLP-1/GIP (tirzépatide, Mounjaro). Le retatrutide ajoute un 3ᵉ récepteur, le glucagon. Sa désignation scientifique correcte est « triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon ».

Quelle perte de poids permet le retatrutide ?

Dans l’essai de phase 3 TRIUMPH-4 publié en décembre 2025 par Eli Lilly, les patients obèses traités à la dose maximale (12 mg/semaine) ont perdu en moyenne 28,7 % de leur poids corporel sur 68 semaines. C’est supérieur aux résultats observés avec le sémaglutide (≈ 15 % dans STEP-1) ou le tirzépatide (≈ 21 % dans SURMOUNT-1).

Quels effets secondaires sont documentés pour le retatrutide ?

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs : nausées (38 à 43 % des patients selon les phases d’étude), diarrhée, constipation, vomissements. Ils sont dose-dépendants et tendent à diminuer après les premières semaines. Une escalade progressive de dose réduit les nausées de 33 % à 22 %. Le recul reste limité — les effets rares ne peuvent pas encore être détectés.

Quelle différence entre retatrutide, Ozempic et Mounjaro ?

Ozempic (sémaglutide) active uniquement le récepteur GLP-1. Mounjaro (tirzépatide) est un double agoniste GLP-1/GIP. Le retatrutide ajoute un 3ᵉ récepteur, le glucagon, ce qui amplifie la dépense énergétique en plus de la satiété et de la régulation glycémique. Cette triple action explique l’efficacité supérieure observée dans les essais.

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La naturopathie peut-elle remplacer le retatrutide ?

Non. Aucune approche naturelle ne reproduit l’effet pharmacologique d’un triple agoniste comme le retatrutide. La naturopathie peut en revanche être un complément pertinent pour soutenir la sécrétion endogène de GLP-1 (fibres solubles, protéines, exercice, sommeil), préserver la masse musculaire pendant la perte de poids et préparer la sortie d’un éventuel traitement médicamenteux, en coordination avec le médecin prescripteur.

Le retatrutide aura-t-il une AMM française ?

Probablement, mais pas avant 2027-2028. Eli Lilly a annoncé son intention de soumettre un dossier réglementaire en 2026 sur la base des résultats du programme TRIUMPH (8 essais de phase 3). L’EMA prend généralement 12 à 18 mois pour examiner un dossier après la FDA. La commercialisation française dépendra ensuite de la négociation HAS / Comité économique des produits de santé.

Peut-on participer à un essai clinique retatrutide en France ?

Oui. Plusieurs essais de phase 3 du programme TRIUMPH sont actifs en France en 2026. Les centres de recherche affiliés aux CHU recrutent des participants éligibles selon des critères stricts d’IMC et de comorbidités. La participation est gratuite et encadrée. Renseignez-vous auprès du registre EU Clinical Trials Information System (CTIS) ou auprès de votre médecin traitant.

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Sources scientifiques (cliquer pour déplier)
  • Jastreboff AM, Kaplan LM, Frías JP, et al. Triple-Hormone-Receptor Agonist Retatrutide for Obesity — A Phase 2 Trial. N Engl J Med 2023;389:514-526. doi.org/10.1056/NEJMoa2301972
  • Eli Lilly and Company. Lilly’s triple agonist, retatrutide, delivered weight loss of up to an average of 71.2 lbs along with substantial relief from osteoarthritis pain in first successful Phase 3 trial (TRIUMPH-4). Communiqué de presse, décembre 2025. investor.lilly.com
  • Sanyal AJ, Kaplan LM, Frías JP, et al. Triple hormone receptor agonist retatrutide for metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease: a randomized phase 2a trial. Nature Medicine 2024. nature.com/articles/s41591-024-03018-2
  • Knerr PJ, Mowery SA, Douros JD, et al. Structural insights into the triple agonism at GLP-1R, GIPR and GCGR manifested by retatrutide. Cell Discovery 2024. nature.com/articles/s41421-024-00700-0
  • Rosenstock J, Frías J, Jastreboff AM, et al. Retatrutide, a GIP, GLP-1 and glucagon receptor agonist, for people with type 2 diabetes: a randomised, double-blind, placebo and active-controlled, parallel-group, phase 2 trial. Lancet 2023. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37385280
  • Wilding JPH, Batterham RL, Calanna S, et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity (STEP 1). N Engl J Med 2021;384:989-1002. doi.org/10.1056/NEJMoa2032183
  • European Medicines Agency. Clinical Trials in the European Union — Retatrutide trials registry. euclinicaltrials.eu
  • ANSM — Agence nationale de sécurité du médicament. Avis et décisions sur les produits non autorisés contenant ou prétendant contenir des analogues GLP-1 (2025). ansm.sante.fr
Information importante. Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription médicale, ni un substitut à une consultation auprès d’un professionnel de santé. La naturopathie est une approche complémentaire qui ne remplace pas la médecine conventionnelle. Pour toute pathologie ou avant tout changement significatif d’alimentation, de mode de vie, ou la décision de participer à un essai clinique, consultez votre médecin.